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Méthode

Kaizen (amélioration continue)

En anglais : Continuous improvement

Le kaizen est l’amélioration continue par petits pas, conduite par ceux qui font le travail, par opposition aux ruptures pilotées depuis l’extérieur.

Ce que c’est

Kai (changement) et zen (bien) : le changement pour le mieux. Le kaizen désigne l’amélioration obtenue par une succession de petits pas, décidés et mis en œuvre par les équipes elles-mêmes, plutôt que par un projet descendant.

Il s’appuie sur le cycle PDCA — Plan, Do, Check, Act — popularisé par W. Edwards Deming. Le point décisif du cycle est le Check : sans vérification de l’effet obtenu, une amélioration continue n’est qu’une succession de changements.

On distingue le kaizen du kaikaku, la transformation en rupture. Les deux sont nécessaires et ne se remplacent pas : la rupture crée un nouveau niveau de performance, le kaizen empêche qu’on le perde.

Chantier kaizen

Le format court — souvent trois à cinq jours, avec une équipe pluridisciplinaire mobilisée à plein temps sur un périmètre étroit — est efficace quand le problème est circonscrit et que la décision peut être prise sur place.

Il devient contre-productif quand il sert de substitut au travail quotidien d’amélioration : une organisation qui n’améliore que pendant ses chantiers régresse entre deux.

Pourquoi le standard vient avant

Une amélioration ne tient que si l’état antérieur était défini. Sans standard écrit, chacun travaille à sa façon : on ne sait pas ce qu’on a changé, on ne peut pas mesurer l’effet, et la pratique revient à son point de départ dès que l’attention se déplace. C’est la formule de Taiichi Ohno — là où il n’y a pas de standard, il ne peut pas y avoir de kaizen.

Le standard n’est donc pas l’ennemi de l’amélioration continue, il en est la condition. Et il est fait pour être remplacé : un standard qui n’a pas bougé depuis trois ans signale une amélioration à l’arrêt, pas un processus maîtrisé.

Corollaire pratique : le premier livrable d’un kaizen réussi n’est pas le gain, c’est le nouveau standard. S’il n’est pas écrit avant la dispersion de l’équipe, il ne le sera pas.

L'erreur fréquente

Compter les idées plutôt que les effets. Un indicateur du type « nombre de suggestions par personne et par an » produit exactement ce qu’on mesure : des suggestions. Mesurer l’écart de performance obtenu, même sur peu d’actions, change complètement ce que les équipes proposent.

Sur le terrain — Santé

Dans un service hospitalier, les améliorations qui ont tenu sont celles décidées par les soignants eux-mêmes sur l’organisation de leur chariot de soins. Celles conçues par un groupe de travail extérieur, mieux argumentées sur le papier, ont disparu en quelques semaines.

Voir aussi

S'entraîner sur ce thème

Le parcours Découverte Lean comporte des questions sur ce sujet, et il est accessible gratuitement.

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