Outils Lean
Jidoka (autonomation)
En anglais : Jidoka / autonomation
Le jidoka donne à la machine — et à l’opérateur — le pouvoir d’arrêter la production dès qu’une anomalie apparaît, pour que le défaut soit traité au lieu d’être transmis.
Ce que c’est
Le jidoka est souvent traduit par « autonomation », mot-valise entre autonomie et automatisation. L’origine est un métier à tisser conçu par Sakichi Toyoda, qui s’arrêtait seul dès qu’un fil cassait : au lieu de produire des mètres de tissu défectueux jusqu’à ce qu’un opérateur s’en aperçoive, la machine signalait le problème à la seconde où il survenait.
Le principe s’est étendu à l’humain : tout opérateur peut arrêter la ligne quand il constate une anomalie. C’est le rôle de l’andon, ce signal lumineux ou sonore qui appelle l’aide et rend le problème visible de tous.
L’effet le moins évident est économique. Une machine capable de s’arrêter seule n’a plus besoin d’être surveillée : un opérateur peut en conduire plusieurs. Le jidoka sépare le travail de l’homme de celui de la machine, et c’est aussi pour cela qu’il est l’un des deux piliers de la maison du Lean.
La séquence en quatre temps
Détecter l’anomalie — arrêter — corriger la situation immédiate — puis rechercher et supprimer la cause racine. Les trois premiers temps sont souvent bien exécutés ; c’est le quatrième qui manque, et sans lui l’arrêt se reproduira à l’identique.
Un arrêt jidoka n’est donc pas un incident, c’est une information. Une ligne qui ne s’arrête jamais n’est pas une ligne sans problème : c’est une ligne où les problèmes passent au poste suivant.
L'erreur fréquente
Donner le droit d’arrêt sans installer ce qui le rend praticable. Si tirer l’andon signifie exposer son équipe, se faire demander des comptes ou retarder une cadence sur laquelle on est évalué, personne ne tire l’andon — et l’encadrement conclut que tout va bien. Le jidoka est autant une affaire de réaction managériale que de dispositif : ce qui se passe dans les deux minutes qui suivent un arrêt décide si le suivant aura lieu.
Sur le terrain — Agroalimentaire
Sur une ligne de conditionnement, le nombre d’arrêts déclarés a triplé le mois suivant l’installation d’un andon — et le taux de réclamations client a chuté. Les problèmes ne sont pas apparus à ce moment-là : ils sont devenus visibles.
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