Outils Lean
Heijunka (lissage de la production)
En anglais : Heijunka / production levelling
Le heijunka répartit volume et variété de façon régulière sur la période, au lieu de produire les commandes dans leur ordre d’arrivée avec les pics et les creux que cela entraîne.
Ce que c’est
Produire chaque commande dès qu’elle arrive paraît réactif. En pratique, cela transmet à l’atelier toute l’irrégularité du carnet : une semaine surchargée suivie d’une semaine creuse, des heures supplémentaires puis du sous-emploi, et un dimensionnement calé sur le pic.
Le lissage travaille sur deux dimensions. Le volume : produire une quantité comparable chaque jour plutôt que tout en fin de mois. Le mix : alterner les références au lieu de les traiter par gros blocs — plutôt que AAAA BBBB CC, produire AABC AABC. La séquence répétée rend la charge prévisible pour l’amont comme pour la logistique.
C’est le bon endroit pour introduire les trois ennemis du système Toyota : le muda (le gaspillage), le mura (l’irrégularité) et le muri (la surcharge). Le heijunka s’attaque au deuxième, et beaucoup de gaspillages qu’on cherche à traiter directement ne sont que la conséquence de l’irrégularité qui les produit.
Ce qu’il exige
Alterner les références suppose de changer de série souvent, donc de changer vite. C’est la raison pour laquelle heijunka et SMED vont ensemble : sans réduction des temps de changement, le lissage du mix est économiquement intenable, et l’atelier revient aux gros lots.
Il suppose aussi d’accepter un stock de produits finis modeste pour absorber l’écart entre la production lissée et la demande réelle. C’est un choix assumé — un peu de stock à un endroit choisi, pour éviter beaucoup d’irrégularité partout ailleurs.
L'erreur fréquente
Lisser le volume et oublier le mix. On produit bien la même quantité chaque jour, mais toujours par gros blocs d’une même référence — et l’amont continue de subir des à-coups, poste par poste. Le lissage du volume seul est la moitié la plus facile et la moins utile des deux.
Sur le terrain — Cosmétique
Un atelier concentrait sa production en fin de mois pour tenir un objectif de facturation. Les trois dernières semaines étaient en heures supplémentaires, la première en sous-charge, et le taux de retouche doublait sur la période tendue. Le lissage a coûté un peu de stock et supprimé les deux problèmes.
Voir aussi
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