Mesure et indicateurs
Takt time (temps takt)
En anglais : Takt time
Le takt time est le rythme imposé par la demande client : le temps disponible divisé par la quantité à livrer sur la même période.
Ce que c’est
Takt vient de l’allemand et désigne la mesure musicale, la battue. Le takt time n’est pas une performance de l’atelier : c’est une contrainte extérieure, dictée par le client. Il donne le rythme auquel il faudrait produire pour livrer sans avance ni retard.
Trois notions se confondent constamment. Le takt time est le rythme demandé. Le temps de cycle est le rythme réellement obtenu à un poste. Le délai d’écoulement (lead time) est le temps que met une pièce à traverser tout le processus. Les comparer est l’essentiel du travail d’équilibrage : un poste dont le temps de cycle dépasse le takt est un goulot, un poste très en dessous produit de l’attente ou de la surproduction.
Ce qu’on en fait, et ce qu’on n’en fait pas
Le takt sert à dimensionner : combien de postes, quel contenu par poste, quelle capacité prévoir. C’est un outil de conception d’organisation, et il se lit avec un diagramme d’équilibrage qui compare chaque poste à cette référence.
Il ne sert pas à piloter les personnes. Afficher un takt de 47 secondes au-dessus d’un poste et demander de le tenir, c’est convertir une donnée client en pression individuelle — et obtenir, au mieux, des raccourcis sur la qualité. Quand un poste ne tient pas le takt, la question porte sur le contenu du poste, pas sur l’opérateur.
Face à une demande qui varie, la réponse n’est pas de recalculer le takt en continu mais de lisser : on répartit volume et mix sur la période pour présenter à l’atelier une charge régulière. C’est le rôle du heijunka, et c’est ce qui rend le takt utilisable dans la vraie vie.
Calcul
Takt time = temps d’ouverture disponible / demande client sur la même période
Le temps disponible se prend net des pauses et des arrêts planifiés, jamais net des pannes : une panne est une perte à traiter, pas une donnée d’entrée. L’intégrer au calcul reviendrait à inscrire le dysfonctionnement dans l’objectif.
L'erreur fréquente
Recalculer le takt time à chaque variation de la demande. Le takt sert à concevoir une organisation ; le changer toutes les semaines rend l’équilibrage illisible. On le fixe sur un horizon stable et on absorbe les variations autrement — par le lissage, pas par le recalcul.
Sur le terrain — Sous-traitance automobile
Un diagramme d’équilibrage a montré que le poste le plus chargé dépassait le takt de douze secondes quand les autres étaient à peine à la moitié. Le débat portait depuis des mois sur la productivité globale de la ligne, alors que la réponse tenait dans la répartition des tâches entre deux postes.
Voir aussi
S'entraîner sur ce thème
Le parcours Green Belt Lean Manager comporte des questions sur ce sujet. Il fait partie de l’accès complet.
Voir le parcours