Méthode

Plan de contrôle (plan de surveillance)

En anglais : Control plan

Le plan de contrôle écrit ce qui est surveillé sur un processus, comment, à quelle fréquence, par qui, et ce qu'on fait quand la mesure sort du domaine attendu.

Ce que le document contient

Pour chaque caractéristique surveillée : la grandeur mesurée, le moyen de mesure, la taille et la fréquence du prélèvement, les limites attendues, la personne qui effectue le relevé, l'endroit où il est enregistré, et la réaction prévue en cas d'écart.

La dernière colonne est celle qui distingue un plan utile d'un tableau décoratif. Un relevé sans réaction écrite produit un historique que personne ne consulte ; c'est la conduite à tenir qui transforme la mesure en pilotage.

La réaction doit être exécutable par celui qui constate l'écart. « Alerter la qualité » n'en est une que si quelqu'un répond ; sinon c'est une manière polie de ne rien prévoir.

Sa place à la fin d’un projet

Il est le livrable de la dernière phase, celui qui décide si le gain tiendra. Un projet qui améliore un résultat sans écrire ce qui le maintiendra voit ce résultat se dégrader dans les mois qui suivent, généralement au premier changement de personne ou de série.

Il matérialise aussi le transfert : à partir de sa signature, le processus appartient à son responsable habituel et non plus à l'équipe projet. Sans ce moment, l'équipe reste sollicitée indéfiniment et le responsable ne s'approprie jamais le nouveau fonctionnement.

Il se construit à partir de ce que l'analyse a établi, pas de ce qu'il est facile de mesurer. Les caractéristiques à surveiller sont celles dont on a démontré l'influence — c'est le seul lien qui justifie de dépenser du temps de contrôle sur elles plutôt que sur d'autres.

Le tenir vivant

Un plan de contrôle se périme. Les moyens changent, les fournisseurs changent, les causes traitées cessent d'être des risques et de nouvelles apparaissent. Sans revue périodique, il continue à faire relever des grandeurs devenues sans intérêt pendant qu'un risque réel n'est surveillé par rien.

Le meilleur déclencheur de révision est un incident : chaque écart passé au travers désigne soit une caractéristique absente du plan, soit une fréquence trop faible, soit une réaction qui n'a pas fonctionné. C'est un retour d'information gratuit, et il est rarement exploité.

Un plan trop lourd se dégrade autrement : les relevés se font de mémoire ou en fin de poste, et les valeurs enregistrées deviennent plausibles plutôt qu'exactes. Mieux vaut peu de caractéristiques réellement surveillées que beaucoup dont on ne sait plus lesquelles sont fiables.

Les erreurs fréquentes

Laisser la colonne de réaction vide ou vague. C'est le défaut qui vide le document de sa fonction : on collecte des données et rien ne se passe quand elles sortent des limites.

Y inscrire tout ce qui est mesurable. Un plan surchargé n'est pas appliqué intégralement, et personne ne sait dire quelles lignes le sont — ce qui est pire qu'un plan court et tenu.

L'écrire sans ceux qui l'appliqueront. Une fréquence décidée en bureau se heurte à l'organisation réelle du poste, et le relevé se fait alors quand c'est possible plutôt que quand c'est prévu.

Sur le terrain — Fonderie

Le plan prévoyait un relevé toutes les deux heures, avec pour réaction « prévenir le service qualité ». Interrogés, les opérateurs relevaient bien les valeurs et n'avaient jamais prévenu personne : le service ne répondait pas la nuit ni le week-end, soit la moitié de la production. La colonne existait, la réaction n'existait pas.

Les autres outils illustrés par ce métier : mécanique, usinage et traitement.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un plan de contrôle et une gamme de contrôle ?

La gamme décrit comment effectuer un contrôle donné — le mode opératoire du geste. Le plan de contrôle dit quoi surveiller sur l'ensemble du processus, à quelle fréquence et avec quelle réaction en cas d'écart. L'un est un document d'exécution, l'autre un document de pilotage ; ils se complètent et ne se remplacent pas.

Combien de caractéristiques y faire figurer ?

Le moins possible, en ne retenant que celles dont l'influence sur le résultat a été établie pendant l'analyse. Un plan de quelques lignes réellement appliquées vaut mieux qu'un plan de trente dont personne ne sait lesquelles sont tenues. La question à poser sur chaque ligne est simple : que ferait-on de cette mesure si elle sortait des limites.

À quelle fréquence réviser un plan de contrôle ?

Une revue annuelle constitue le minimum, mais l'essentiel des mises à jour utiles vient d'ailleurs : tout changement de moyen, de matière ou de fournisseur rend une partie du plan caduque, et chaque écart passé au travers désigne ce qui manquait — une caractéristique oubliée, un prélèvement trop espacé, ou une conduite à tenir qui n'a pas fonctionné.

Le plan de contrôle est-il réservé à l’industrie ?

Non, il s'applique à tout processus dont on veut maintenir un résultat, y compris administratif : on y surveille des délais, des taux de complétude ou des reprises plutôt que des cotes. La structure ne change pas — quoi, comment, à quelle fréquence, par qui, et que faire en cas d'écart — et c'est la dernière colonne qui y fait défaut le plus souvent.

Voir aussi

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