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Outils Lean

Yamazumi (diagramme d’équilibrage)

En anglais : Yamazumi chart

Le Yamazumi empile en barres le contenu de travail de chaque poste et le compare au takt time, pour voir d’un coup d’œil qui est en surcharge et qui a de la capacité disponible.

Ce que c’est

Yamazumi signifie « empilement » en japonais. Le diagramme porte un poste par colonne ; chaque colonne empile les tâches qui le composent, souvent distinguées en travail à valeur ajoutée et travail sans valeur ajoutée. Un trait horizontal marque le takt time.

La lecture est immédiate : une barre au-dessus du trait signale un poste qui ne peut pas suivre la demande — c’est le goulot, et toute la ligne produit à sa cadence. Une barre nettement en dessous signale de la capacité disponible, donc de l’attente ou, pire, de la surproduction si le poste continue de produire.

L’intérêt du Yamazumi n’est pas de constater le déséquilibre mais de le réaffecter : on déplace des tâches d’un poste à l’autre, on supprime le travail sans valeur ajoutée du poste chargé, on ne touche pas au takt. Le takt est une donnée du client, pas une variable d’ajustement.

Rééquilibrer sans lisser à l’aveugle

Le réflexe naturel, face à des barres inégales, est de répartir uniformément : tout le monde à quatre-vingt-dix pour cent du takt, personne en surcharge. C’est le pire des résultats. Le temps disponible est alors réparti en fines tranches sur tous les postes, où il ne sert à rien et devient de l’attente diffuse, impossible à récupérer.

La bonne pratique est l’inverse : charger les postes au plus près du takt et concentrer le temps libéré sur un seul. Celui-là devient visiblement sous-chargé, et son contenu peut être réparti ou l’effectif redéployé. C’est ce qui transforme un équilibrage en gain réel plutôt qu’en graphique plus joli.

Deux précautions accompagnent l’exercice. On déplace du contenu de travail, pas des personnes — la tâche change de poste, l’opérateur n’est pas déplacé par surprise. Et on vérifie que la tâche déplacée est réalisable au poste d’accueil : outillage, accès, compétence. Un équilibrage parfait sur le papier qui suppose un outil absent de ce poste ne tiendra pas une journée.

Les deux calculs qui accompagnent le diagramme

Nombre minimum d’opérateurs = Σ temps de cycle / takt time

Efficience de ligne = Σ temps de cycle / (nombre d’opérateurs × takt time)

Le nombre minimum est un plancher théorique : il s’arrondit à l’entier supérieur et ne tient compte d’aucun aléa. Une efficience de 100 % supposerait tous les postes exactement au takt, ce qu’aucune ligne réelle n’atteint — l’objectif est de s’en approcher, pas de l’afficher.

L'erreur fréquente

Chronométrer une fois, un opérateur, un cycle. Le diagramme obtenu est un instantané : il capture autant la variabilité du geste que le contenu réel du poste, et l’équilibrage qui en découle se défait dès la semaine suivante. Il faut plusieurs cycles et, si possible, plusieurs opérateurs — et si l’écart entre eux est important, c’est que le problème n’est pas l’équilibrage mais le standard de travail.

Sur le terrain — Sous-traitance électronique

Sur une ligne de six postes, le Yamazumi a montré que le goulot n’était pas le poste réputé le plus difficile mais celui qui le précédait, chargé de deux contrôles ajoutés au fil des ans et jamais retirés. Aucun des deux ne figurait au standard.

Voir aussi

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