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Valeur ajoutée

En anglais : Value added

Une activité à valeur ajoutée est celle pour laquelle le client accepterait de payer si on la lui décrivait. Tout le reste se répartit entre ce qui est nécessaire sans être voulu, et ce qui peut disparaître.

Le tri en trois catégories

Valeur ajoutée. L'activité transforme la demande dans le sens de ce que le client attend, du premier coup. Usiner une pièce, rédiger l'avis attendu, poser un diagnostic. Le critère est celui du client, pas celui de l'entreprise : une tâche indispensable au fonctionnement interne n'entre pas dans cette catégorie du seul fait qu'elle est indispensable.

Nécessaire sans valeur ajoutée. L'activité n'apporte rien au client mais ne peut pas être supprimée en l'état — un contrôle réglementaire, une saisie imposée par un système, une traçabilité exigée par un donneur d'ordre. On ne la supprime pas, on la réduit et on l'allège.

Sans valeur ajoutée. Tout le reste : attentes, déplacements, ressaisies, corrections, recherches d'information. C'est le gisement, et il est presque toujours le plus gros des trois.

La difficulté n'est pas de comprendre ces trois cases, elle est de trancher honnêtement. Presque toute activité trouve un défenseur pour expliquer qu'elle est indispensable, et le classement se joue sur la qualité de l'argument plutôt que sur le titre de celui qui le porte.

Les trois questions du test

Le client paierait-il pour cela ? Posée telle quelle, la question règle la majorité des cas. Personne ne paie pour qu'un dossier attende, pour qu'une information soit saisie deux fois, ni pour qu'une erreur soit corrigée.

L'activité transforme-t-elle la demande ? Déplacer, contrôler, ranger, transmettre ne transforment rien. C'est le critère qui surprend le plus, parce qu'il élimine des tâches dont l'exécution est visible et souvent valorisée.

Est-ce fait correctement du premier coup ? Une reprise ne crée pas de valeur, même quand elle produit exactement le bon résultat : le client avait payé pour l'original, pas pour sa deuxième exécution.

Les trois questions se posent dans cet ordre et il faut trois oui. Un seul non suffit à sortir l'activité de la catégorie — et c'est cette exigence qui rend le résultat inconfortable la première fois qu'on l'applique à son propre travail.

Ce que le tri sert à décider

Le tri n'a d'intérêt que rapporté au temps. Une activité sans valeur ajoutée qui occupe quelques secondes ne mérite pas de réunion ; la même qui occupe trois jours d'attente désigne le sujet du chantier. Classer sans chronométrer produit un tableau vertueux et sans suite.

Le rapport entre le temps à valeur ajoutée et la durée totale du parcours donne une proportion, souvent très faible, et c'est précisément l'écart qui indique le potentiel. Une organisation qui découvre ce rapport cesse généralement de chercher à faire travailler ses équipes plus vite.

Le tri sert enfin à orienter l'effort d'amélioration : on supprime dans la troisième catégorie, on allège dans la deuxième, et on protège la première. Investir pour accélérer une activité à valeur ajoutée alors que le délai se joue ailleurs est le contresens le plus fréquent — et le plus coûteux, parce qu'il se voit et rassure.

Les erreurs fréquentes

Juger la valeur depuis l'intérieur. « Cette validation est indispensable » répond à une autre question que « le client la paierait-il ». Les deux réponses peuvent être vraies en même temps, et c'est la seconde qui classe l'activité.

Traiter la deuxième catégorie comme intouchable. Une obligation impose un résultat, presque jamais une manière de l'obtenir : la même exigence réglementaire se satisfait souvent avec beaucoup moins de gestes.

Classer sans mesurer les durées. Un tableau à trois colonnes sans temps en face ne hiérarchise rien et fait travailler sur la première ligne venue.

Sur le terrain — Bureau d’études

Sur l'établissement d'un devis technique, le relevé donnait un peu moins de deux heures d'étude réelle pour un délai de neuf jours ouvrés. Le classement a montré que la recherche d'informations éparpillées dans trois systèmes pesait davantage que l'étude elle-même. L'équipe partait du principe qu'il fallait recruter un ingénieur supplémentaire.

Questions fréquentes

Un contrôle qualité est-il une activité à valeur ajoutée ?

Non au sens strict : le client attend un produit conforme, pas la vérification qu'il l'est. Le contrôle appartient à la deuxième catégorie, celle du nécessaire sans valeur ajoutée, et il le reste tant que le processus ne garantit pas la conformité par lui-même. C'est d'ailleurs la logique des dispositifs qui rendent l'erreur impossible : ils permettent de retirer le contrôle sans prendre de risque.

Comment appliquer la notion à un service interne ?

En identifiant qui reçoit la sortie du processus et en raisonnant depuis son point de vue. Pour un service paie, le client est le salarié et l'employeur ; une opération qui n'améliore ni l'exactitude ni le délai du bulletin ne crée pas de valeur pour eux, même si elle facilite le travail du service. La question reste valide, seul le client change.

Faut-il viser à supprimer toute activité sans valeur ajoutée ?

L'objectif est de les réduire, pas de les éliminer toutes, parce que certaines protègent le processus contre des aléas réels. Supprimer un stock qui absorbe une variabilité de livraison sans traiter cette variabilité déplace simplement le problème vers les ruptures. On retire d'abord la cause, ensuite la protection devenue inutile.

Quelle proportion de valeur ajoutée peut-on espérer atteindre ?

Aucun chiffre général n'a de sens ici : la proportion dépend entièrement du type de processus, et un parcours qui comporte des délais physiques incompressibles ne se compare pas à un traitement de dossier. Ce qui se compare utilement, c'est la même mesure faite deux fois sur le même processus, avant et après. La progression est un résultat ; le niveau absolu n'est qu'un point de départ.

Voir aussi

S'entraîner sur ce thème

Le parcours Découverte Lean comporte des questions sur ce sujet, et il est accessible gratuitement.

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