Le blog

Ce qui fait échouer à un examen Lean Six Sigma

Ce n'est presque jamais la statistique, contrairement à ce que craignent la plupart des candidats. Quatre mécanismes reviennent, et aucun ne relève de la difficulté du programme.

Confondre connaître un outil et savoir quand l’employer

C'est le premier mécanisme, et de loin le plus fréquent. Un candidat sait parfaitement ce qu'est un diagramme d'Ishikawa, ce qu'est un SIPOC et ce qu'est une carte de contrôle. Placé devant une situation, il ne sait pas lequel des trois s'applique.

Les examens exploitent exactement cet écart : une bonne part des questions décrivent un contexte et demandent quel outil convient, ou à quelle phase de la démarche on se trouve. Réviser outil par outil, sans jamais les replacer dans l'ordre du déroulement, ne prépare pas à ces questions-là.

La parade est simple à énoncer : pour chaque outil, savoir dire à quelle phase il sert, ce qu'il exige en entrée et ce qu'il produit en sortie. Un outil qu'on ne sait pas situer dans le déroulé est un outil qu'on ne saura pas choisir.

Lire la question trop vite

Les énoncés d'examen sont écrits pour distinguer, donc ils contiennent des mots qui changent tout : « le plus », « en premier », « sauf », « avant de ». Une réponse juste à une autre question que celle posée est une réponse fausse, et c'est un motif d'échec entièrement évitable.

Le cas le plus courant est celui des questions à réponses multiples plausibles. Deux options sont correctes en soi, mais une seule répond à ce qui est demandé — la plus complète, la première dans l'ordre, ou celle qui s'applique au contexte décrit. Le candidat qui a reconnu une bonne réponse s'arrête d'y regarder.

S'entraîner sur des questions écrites au format d'examen change la lecture. Ce n'est pas une question de vitesse : c'est l'habitude de chercher le mot qui restreint avant de choisir.

Éviter le calcul

Les questions de calcul paraissent ingrates et sont les plus rentables : un Cp, un Cpk, un DPMO, un indice de priorité de risque, un takt time se calculent toujours de la même façon. Une fois la formule automatisée, ce sont des points acquis d'avance, sans interprétation ni piège de lecture.

Beaucoup de candidats les mettent de côté en révision, précisément parce qu'elles demandent un effort concret là où la lecture d'un cours donne l'impression d'avancer. Le résultat est une préparation qui abandonne les points les plus faciles.

Le seuil à atteindre n'est pas la maîtrise statistique : c'est de savoir poser le calcul sans hésiter sur ce qui va au numérateur.

Réviser sans jamais se mettre en situation

Le dernier mécanisme englobe les trois autres. Une préparation faite uniquement de lecture donne un sentiment de maîtrise que rien ne vérifie, et ce sentiment est trompeur : relire une définition qu'on comprend ne prouve pas qu'on saura l'appliquer.

La seule façon de le savoir est de se tromper avant l'examen. Un score bas sur un test à blanc n'est pas un mauvais signe, c'est de l'information — et c'est exactement l'information qu'un candidat qui se contente de relire n'aura jamais avant le jour J.

Le mode chronométré ajoute la dernière dimension : la gestion du temps se travaille, et découvrir le jour de l'épreuve qu'on passe quatre minutes sur une question est une mauvaise surprise qui coûte plusieurs points.

Les outils cités

Se mettre en situation

Tout ce qui précède se vérifie en quinze minutes : un QCM au format d'examen, corrigé et expliqué, sans compte ni carte bancaire.

Les trois QCM gratuits

À lire aussi