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Combien de temps faut-il pour préparer une Green Belt ?
La question n'a pas de réponse unique, mais elle a des réponses fausses. Ce qui allonge réellement une préparation, ce n'est presque jamais le volume à apprendre.
Pourquoi les durées annoncées ne vous concernent pas
Les durées qu'on trouve varient d'un facteur dix, et c'est normal : elles ne mesurent pas la même chose. Certaines comptent les heures de formation, d'autres le temps total entre l'inscription et l'examen, d'autres encore incluent un projet à mener en entreprise. Comparer ces nombres entre eux n'a aucun sens.
La question utile n'est donc pas « combien d'heures », mais « de quoi ma préparation est-elle faite ». Trois composantes s'additionnent, et elles ne s'échangent pas : comprendre la méthode, savoir répondre à une question d'examen, et — selon l'organisme — mener un projet réel.
La troisième est celle qui dicte le calendrier quand elle est exigée. Un projet d'amélioration mené sérieusement se compte en mois, pas en semaines, et ce délai ne se comprime pas : il dépend d'un procédé réel, d'une équipe, et du temps que met une amélioration à se constater.
Ce qui allonge une préparation, et ce n’est pas le volume
Le programme d'une Green Belt n'est pas long. Il tient en une trentaine d'outils, dont la plupart s'expliquent en une page. Ce qui prend du temps, c'est le passage de « je sais ce qu'est un SIPOC » à « je sais qu'il faut un SIPOC ici, et pas une VSM ».
Cette bascule ne s'obtient pas en relisant. Elle demande d'être mis en situation : une question, plusieurs lectures possibles, une décision à prendre. C'est exactement l'écart entre réviser un lexique et répondre à un examen, et c'est là que se joue la différence entre une préparation de trois semaines et une préparation de trois mois.
Le second facteur d'allongement est la statistique, pour ceux qui n'en font jamais. Non par difficulté : les calculs demandés sont mécaniques une fois la formule connue. Mais un praticien qui n'a pas manipulé d'écart type depuis quinze ans a besoin de plusieurs séances avant que le vocabulaire redevienne familier, et cette remise en route se sous-estime toujours.
Une manière de s’organiser qui tient
Ce qui fonctionne le mieux tient en peu de choses : des séances courtes et régulières plutôt que des blocs longs et espacés, et un test à blanc dès le début plutôt qu'à la fin.
Le test précoce est contre-intuitif et c'est le conseil le plus rentable. Passer un QCM avant d'avoir révisé donne un score bas, ce qui est désagréable, et une carte précise de ce qui manque, ce qui vaut plusieurs semaines de révision à l'aveugle. La même série repassée trois semaines plus tard mesure le progrès réel.
Le reste consiste à ne pas réviser ce qui est déjà acquis. C'est le piège le plus banal : on relit ce qu'on comprend bien, parce que c'est agréable, et on évite les thèmes qui résistent. Un relevé de ses erreurs par thème supprime cette tentation en une seconde.
Vérifier ce que demande l’organisme, avant tout le reste
Les modalités changent d'un organisme à l'autre, et ce sont elles qui déterminent le calendrier : durée de l'épreuve, seuil de réussite, examen à livre ouvert ou fermé, projet exigé ou non, validité limitée dans le temps ou non.
Ce point se vérifie avant de commencer à réviser, pas après. Découvrir en cours de route qu'un dossier technique est attendu déplace une préparation de plusieurs mois, et aucun effort de révision ne rattrape cela.
Les outils cités
DMAIC
DMAIC est la démarche de résolution de problèmes en cinq phases — Définir, Mesurer, Analyser, Innover, Contrôler — qui structure tout projet Six Sigma.
SIPOC
Le SIPOC décrit un processus sur une page en cinq colonnes — fournisseurs, entrées, processus, sorties, clients — pour se mettre d’accord sur son périmètre avant de l’analyser.
Capabilité (Cp, Cpk, Pp, Ppk)
Les indices de capabilité comparent la dispersion d’un processus à l’intervalle de tolérance : Cp mesure ce dont le processus serait capable s’il était centré, Cpk ce dont il est capable tel qu’il est.
Statistiques descriptives
Les statistiques descriptives résument un jeu de données par quelques nombres : où il se situe, à quel point il se disperse, et quelle forme il a. C'est l'étape qui précède toute analyse, et celle qu'on saute le plus souvent.
Se mettre en situation
Tout ce qui précède se vérifie en quinze minutes : un QCM au format d'examen, corrigé et expliqué, sans compte ni carte bancaire.